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Streetlight Vol 1

Notre champion Komoa Yaxx participe à la compile Streetlight Vol 1 de Repertoire records qui parait le 24 juillet 2020 ; en téléchargement gratuit sur Bandcamp. C’est avec le titre Elsa que Yann nous partage une autre facette de ses productions.

Le mot du label :
Backstory
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We get tonnes of great demos from new artists, so much so that we found it frustrating when we had to turn music down simply because it’s unfeasible to release it all on vinyl.
So we’ve trawled our inbox from the last year and reached out to the artists that have caught our eye (or ears, should we say!). We picked the best of the bunch to be mastered by DJ Sappo to form the inaugural Streetlight compilation.
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AZK7002C80

DeathcraftLes Montagnes Hallucinées

Projet autour de l’oeuvre de Lovecraft.

La source d’inspiration la plus évidente de Lovecraft pour Les Montagnes hallucinées est l’unique roman d’Edgar Allan Poe, Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, dont la fin se situe en Antarctique. Lovecraft fait deux fois référence à l’histoire « dérangeante et énigmatique » de Poe dans son texte, et emprunte directement la mystérieuse phrase « Tekeli-li » à l’œuvre de Poe. Dans une lettre adressée à August Derleth, Lovecraft écrit qu’il tente de rechercher à la fin de sa nouvelle un effet similaire à celui atteint par Poe dans Arthur Gordon Pym.

Deathcraft

Après un live à Fréquence Naturelle #2 et un guestmix pour l’émission SONIC PROPER de Best Available Technology sur NOODS Radio, le voyage Deathcraft – Les Montagnes Hallucinées prend fin avec cette cassette de 2x40min.
La Side A présente une version alternative du live et la Side B contient toutes les pistes du projet.

Production : Deathcraft
Graphisme : Azalea
Quantité : 25 + digital
Date de sortie : 20.07.20

Live
Fréquence Naturelle #2

Bandcamp Azalea
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SONICS PROPER

Noods Radio :
Sonics Proper w/ Best Available Technology invite Azabh Dread (Deathcraft)

« Dark drift and moody broody drum machines etc. Guest mix Azabh Dread »

Tracklists

Azabh Dread :
projet Deathcraft – Les Montagnes Hallucinées

Best Available Technology :
Asher Levitas – Vapours
His Name Is Alive – Lliadan
Memotone – Mary Burnet
Cruel Diagonals – Liminal Placement
Body portals – Slow Hide
Haf Haf – fub u
Kelpe – There Is Still a Glass Ceiling
Ben Vince – Makeshift Paradigm
wzrdryAV – Zoned
Seekers Intl. – Part I Bravdo excerpt
Matt Karmil – Congo
Luar Domatrix – Sense of Style
Kahn & Neek – Venus
Felony – The Final Bump
Nosaj & Steel Tipped Dove – Black Betty Davis
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EGREGORE SHOWS

NOT A BANGER
Azabh Dread
2019 >20
2020 >21

Egregore Collective · NOT A BANGER PODCASTS

LA DUBSTEP EST MORT
Klave
2019 >20
2020 >21

Egregore Collective · LE DUBSTEP EST MORT

DUBURS
Algo Riddim invite Azalea
Dec. 2019

Tracklist podcast Azalea ssgc sur Egregore Radio

AZALEA FAM
Komoa
Skankin T
Davth
Klave
2017 >18

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SGDN024

Komoa & Qant
IPEV – FKA

on Sub Garden

Nouvel EP pour notre breton, le seul et l’unique KOMOA accompagné de Qant dit Le Parisien ou Le Rouge, un habitué des collaborations avec K.
On les trouvait il y’a un an sur un EP pour Indigo Movement avec le titre Topeia ainsi que sur la compil’ Egregore Unighted 002 avec le titre Tehran Paranoïa sous l’alias South Pole Squad.
BANDCAMP

IPEV : Deep water roller. Comme un documentaire animalier.
FKA : Late night kush.

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EGRU002

Le mot de la team E. :
Egregore Team has taken upon releasing VA compilations without stylistic borders, exploring new sounds in the electronic music spectrum.
The Unighted line of releases moves on to its second installment, with two of Toulouse’s crews pitted against one another. With each side showcasing their best current tunes, this EP features 3 tracks from each crew.
Being left “Carte Blanche” for this project, here is what Azalea and Collectif Sympa have cooked for us.

2 teams, 6 tracks,
2 soundscapes !


Azalea

Hidden in the Pyrenean mountains, Azalea is a crew of producers, graphic designers and DJs. They put out a webzine focused on low frequencies and contemporary soundsystem culture, along some deep dark releases, and quality mixtapes for the Egregore webradio.
azaleassgc.com
@azalea-ssgc

Sympa

The survivalists of the urban jungle ! Very active in and around Toulouse, they have the recipe for unexpected and eclectic events, bringing something different to the table at every occasion. We love their futuristic sounds and their raw approach.
@collectif-sympa

Pick a side… or don’t !
Visuals by @klave
Mastering by @qqant

DÉZO PAS DE FR,
LES GAS ON FAIT LES CHOSES QU’À MOITIÉ ! BIG UP !
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AZK7001C80

Azalea
K7 001 C80
Dezoselexta
full Azalea crew

Skankin T, Komoa, drea100, Knobyo

Première Mixtape du crew Azalea,
réunissant l’ensemble de nos morceaux jusqu’à présent.
100 % Dubplate Bizness inna di Dubstep / Dub / Grime style.
Enregistré à la main. 2 x 40mn de mix.

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First Mixtape of the Azalea crew, bringing together all our pieces so far. 100% Dubplate Bizness inna di Dubstep / Dub / Grime style. 
Hand recorded. 2 x 40mn of mix.

50 exemplaires
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Après l’achat un lien de téléchargement .wav et .mp3 vous sera envoyé.
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After purchase a download link .wav and .mp3 will be sent to you.

Bandcamp

Video réalisée par ©BlackLabel
Azalea ssgc Dezoselexta Tracklist K7 001 80 minutes
Azalea ssgc Dezoselexta Tracklist K7 001 80 minutes

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IM031

Komoa
Couzou ep
Indigo Movement

Aujourd’hui est un commencemant,
Yann Le Roux dit Yaxx Le Moal de la maison Graldlon dit le disciple des Azalea, Roi de Plougrescant, molets d’acier, briseur de chaines, tourneur de roues, père des Breizhad ; Breur Gwen Le Roux, héritié Le Blevennec des terres Armoriques, protecteur des Korrigan, créteur d’Ankou ; fils Domi Le Roux & Genev Le Blevennec dit les coupeurs de cheveux, conquérents des Enez, nous presente son premier EP. Couzou.

L’ep commence sur Grin, ne cherchez pas à comprendre le nom, il n’y a rien à comprendre ; comme tout breton il peut facilement inventer des mots. Grin commence sur une intro aux ambiances venues des profondeurs – Pour ceux qui suive déjà un peu Komoa ou Yaxx, vous aurez compris qu’il est pas la pour vous faire sourir ou imager un monde fleuri – Cette ambiance, solidement annoncée par l’évolution filtrée d’un synth, vous annonce dès les premières mesures le groove énervé, en colère, qui va vous couler le long de la nuque pendant plusieurs minutes. Au lancement, ce groove d’introduction se transforme pour prendre place sur une énorme basse enveloppée par un jeu d’ambiance angoissant. Le tout tenu par un fil, grâce à la piste de hi-hat simple et intelligemment travaillée ; assez pour ne pas vous perdre.
Après quelques tours, une percussion venue d’ailleurs – oui, venue d’ailleurs, clairement – vient accentuer cette sensation d’inquiétude et de combat à la fois, quelque chose de menaçant est en cours. Ankou ?

Couzou, dont on taira l’origine, évitant un ainsi ce qui pourrait être vu comme un acte de trahison pour les Le Blevennec, commence sur une ambiance plus industrielle et rythmée par une loop de perc et une de hihat amplifiant la teinte industrielle. Au drop, surprise, changement d’ambiance avec un retour aux origines de Komoa, comme un retour de l’esprit de Ankou, ce truc mystique qui qualifi les productions Komoa… C’est reparti pour plonger dans les profondeurs. On apprécie particulièrement la sombre ambiance bretonne qui règne sur ce morceau. Non ?
La couche industrielle revient peu à peu et joue avec l’ambiance générale du son, accentuée par des nappes de synthé aérées qui montent petit à petit jusqu’a nous faire sortir de cette tempête.

Tooopeia, en collaboration avec Qant, un type assez tordu pour vivre à Paris et qu l’on avait rencontré sur Toulouse l’année dernière pour une soirée de l’équipe Egregore. Depuis il oeuvre pas mal avec eux et nous fait également profiter de ses talents de mastering, un homme à tout faire (et à suivre).
Pour Topeia il fait remonter Komoa des profondeurs pour ajouter des notes et mélodies moins… sombres, tout en gardant cette tonalité « meditate ». La production reste dans le même environnement que les deux premières, lent et envoûtant mais avec une touche de groove en plus grâce à la qualité du beat et l’ensemble de samples le ponctuant.
C’est sans hésiter une collaboration réussie pour Komoa & Qant qui, on vous le confirme, en privé, se sont bien trouvé en terme de mode de production et choix artistiques, un duo à suivre.
Pour finir on vous invite à écouter le Egregore Unighted 002 – Azalea x Sympa pour découvrir « Ker » de Komoa (oui, encore un mot inventé) et Tehran Paranoïa de South Pole Squad a.k.a Komoa & Qant.

Indigo Movement · IM031: KOMOA – Couzou EP

Le mot du label :

Next up, debuting on IM, straight outta Toulouse, France, we welcome @komoa .The French have been killing it recently, and people like Komoa and Qant, are the best example. Yung Komoa joins the #indigoshuttle with 2 tracks, « Grin » and « Couzou », accompanied « by « Topeia », a collaboration with another member of the IM familia, Qant. Stompin’ subheavy sounds, these should be tested in every decent soundsystem. Get to know!

Tracklist:
1. Grin
2. Couzou
3. Topeia (w/ Qant)
Mastered by Hebbe Veerstegh
Release Date: August 29th, 2018
Bandcamp
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RTRSPVCTV05

Salut la team ça va ? Nous aussi très bien, bonne année au fait. On voulait vous proposer un gros truc mais finalement ça suit pas du coup il fallait improviser. Le dubstep meurt à petit feu et comble de l’ironie ça fait dix ans que le Fabriclive 37 est sorti. Certains vont vous dire que c’est ce disque a enterré le genre, d’autres vont s’éclater les veines et venir vous dire à quel point les puristes sont un cancer pour la musique. Du coup : improvisation. Quoi de mieux pour remonter le moral des troupes en ce début d’année 2018 qu’une bonne remise à niveau qui met tout le monde d’accord : les origines de notre chiasse commune, le Dubstep. Et oui vous l’avez bien compris on va parler de Big Apple aujourd’hui !

Je pense que revenir sur Big Apple en tant que label exclusivement est une hérésie tant cela occulterait beaucoup de passages sur l’histoire du genre. À l’origine Big Apple était un magasin de disques situé à Croydon, dans le sud de Londres et qui appartenait à John Kennedy. Le magasin fut ouvert de 1992 à 2004. Kennedy était surtout actif en tant que dj de Techno et de House à l’époque de l’ouverture du magasin. Un des points les plus importants à savoir sur ce Kennedy dans notre petite histoire c’est qu’il était un bon ami d’un certain Neil Joliffe, sur qui nous reviendrons plus tard : tout ce que vous avez à savoir c’est que ce gars est derrière Tempa et surtout Ammunition qui est la grande société gérant tout ce merdier.

2018-azalea-retro-big-apple-hatcha

Dans les employés de Kennedy au shop vous pouviez retrouver un certain Hatcha (le mec qui touche les boobs sur la photo là) qui était derrière le comptoir, ainsi qu’Artwork qui était un ami des deux et passaient ses journées avec eux. Le magasin vendait principalement des disques de Techno à ses débuts, néanmoins il a vite élargi son champ avec un étage entier dédié à la Jungle et au Drum & Bass : c’était à cet étage que travaillait Hijak (le frère de Skream) et DJ Bailey (qui est maintenant Dj résident sur BBC Radio 1). Autre point intéressant de ce shop : il y’ avait un studio d’enregistrement. Studio qu’Artwork a très vite rejoint pour y travailler, étant lui même producteur sous de nombreux alias (Menta, Grain). Dans les têtes connues qui trainaient beaucoup à Big Apple, vous pouviez également retrouver Benga et Skream, qui à cette époque était des gamins de 14, 15 ans. Le dernier élément à avoir vraiment impacter l’histoire Big Apple est bien entendu Benny Ill, qui avait rencontré Artwork autour de masterings de morceaux pour un producteur suisse de l’époque. Ce qu’il faut bien comprendre concernant toutes ces personnalités diverses c’est qu’ils étaient tous fans de UK Garage.

2018-azalea-retro-big-apple
Big Apple

Uké quoi ? Garage ? Oui, Garage. Autrement dit, l’un des courants musicaux les plus importants dans l’histoire électronique Britannique. Si vous ne savez pas ce que c’est, je vous rassure vous en avez surement écouté sans le savoir. En gros le UK Garage c’est l’une des réponses des anglais aux disques de House Américains importés dans certaines raves de l’époque. Des vieux djs comme Tuff Jam ont commencé au milieu des années 90 à créer des versions « dubs » de certains vocaux de disques de house américain (et pas que) en accélérant le tempo et en demandant à des gars de la jungle de rapper par dessus. Au bout d’un moment ce fut compliqué pour les producteurs de se procurer autant de vinyles américains en raison du prix excessif de l’importation de ceux-ci en Angleterre. C’est là que le Garage fut vraiment lancé puisque beaucoup d’anglais se mirent alors à créer leur propre « House » sur cette même base « Américaine ». Le rythme s’accélère dans le son et c’est là que les lignes de basses commencent à se gonfler. Très vite le genre commence à réellement être lancé et certaines dérives extrême du son commencent à apparaitre : comme par exemple le « Speed Garage » qui accélèrent excessivement le rythme. Le genre se saborda lui-même par ailleurs.

La suite du son se trouve dans la rythmique-même. Aux alentours de 1999 le son de divise en deux catégories distinctes : le « 2-step » et le « 4×4 ». Le 4×4 ça désigne le tempo de base du son, directement puisé des vieux vinyles de house américain. En gros c’est comme la techno : le « kick » (grosse caisse) va faire « boom, boom, boom, boom » régulièrement (tous les temps sur une mesure 4/4 pour être précis). Le 2-step change cette rythmique en s’inspirant d’autres mouvements musicaux populaires et qu’on peut qualifier de « syncopé ». Autrement dit ça fera pas forcément « boom » à chaque temps précis. Ces styles là sont la Jungle, la Drum & Bass, le Breakbeat pour ne citer qu’eux. Revenons à notre 2-Step il fait quoi concrètement : et bien le Kick (le boom) ne vas pas frapper de manière aussi binaire le temps. Ouais c’est bizarre dit comme ça, mais en fait non :

Azalea-2step-4-4-dubstep-big-apple-ssgc

Le mouvement des rythmes « 2-Step » fut une sorte de grand frère au « 4×4 ». Le premier beat 2-step fut américain par ailleurs et on peut remonter son origine à l’année 1995. Pour la petite anecdote : Craig David a fait un morceau avec Artful Dodger et c’était du UK Garage, même du 2step au niveau de la rythmique. Vous vous souvenez de ce rappeur anglais The Streets ? Spoiler : tous ces beats de l’époque c’était du Garage aussi. Je vais m’arrêter là, la liste est longue. En gros le 4×4 à la fin des années 90 se fit un peu « écraser » par le 2step, bien que certains irrésistibles nordistes persisteront avec les rythmiques 4×4, ce qui donnera bien plus tard naissance à la scène « Niche‘ qui plus tard sera rebaptisé en « Bassline‘. Le Grime est apparu à cette même époque, dans un premier temps pour transformer le son puis pour laisser réellement le champ libre aux Mcs, mais pas de manière aussi « smooth » que dans les racines du ukg « classique ». En terme de production-même, les anglais ont su se ré-approprier correctement le genre puisque ils l’ont bourré d’effet Dub, eux même étant beaucoup influencés par cette scène déjà très présente sur le territoire. Beaucoup d’aficionados du Ukg de l’époque ont très mal vu l’émergence de toutes ces mutations du genre qui furent jugés plus sombres et violentes que leurs racines.

Pour faire court, l’histoire de Big Apple peut se résumer à ça : une bande de potes voulant continuer de transformer le garage qu’ils entendent tous les jours en quelque chose de plus sale et dégueu. Le terme « Dubstep » est apparu plus tard pour désigner de manière précise le son de toute cette frange : « Dubber les rythmes 2-step, Dub … 2-step … Dubstep ! ». Notre bande de Croydon ne furent pas les seuls à produire de cette manière, d’autres avaient déjà commencé le travail comme El-B, Oris Jay ou encore Zed Bias. Au début des années 2000, notre bande était déjà dans cette optique de faire du Garage plus sombre. Je vous invite à écouter le son « Sounds Of The Future » de Menta (l’un des alias de Artwork) qui en gros intégrait des éléments un peu « techno » à la rythmique UKG ainsi qu’une ligne de basse plus costaud. Artwork parle beaucoup de l’influence qu’a eu Benny Ill sur la manière de faire le genre. Un jour Benny a débarqué au studio Big Apple pour leur faire écouter du son  » Hey les gars j’ai fait du Garage, vous voulez écouter ? » Sauf que le Garage de Benny Ill de l’époque… c’était quelque chose : et ce quelque chose n’est autre que le squelette même du mouvement Dubstep qui déferlera par la suite. La rythmique garage 2-step comporte le kick sur le mauvais temps, pleins de samples de films de série B mélangés et une ligne de basse monstrueuse inspirée de celles du mouvement reggae / dub. Hatcha fut le premier à jouer des morceaux de Horsepower Productions (le groupe de Benny Ill) dans une soirée UKG de l’époque : la FWD (autrement dit l’ancêtre des premières soirées « Dubstep » et appartenant au groupe Ammunition). Suite à ce choc dans l’univers du UKG toute notre bande s’est trouvé un entrain pour faire leurs propres morceaux de garage – « mutants ». Pour la petite anecdote, le fameux Skream alors agé de 15 ans à cette époque passaient ses journées au magasin pour voir son grand frère Hijak mais aussi surtout pour regarder Benny Ill produire ces morceaux. Benny Ill fut clairement une sorte de prédécesseurs de toute la scène, dans sa manière de produire. C’est ici que commence la discographie Big Apple…

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Le comptoir Big Apple en 2004

Il fallait un premier espace pour diffuser ces expérimentations : Big Apple Records est ainsi né. Le premier ep est signé Artwork avec 4 morceaux qui sont désormais cultes. « Red » vous restera dans la tête à chaque écoute que vous lui accorderez, et chose incroyable c’est le groove de tous les éléments du son qui vous restera et pas que certains éléments comme le synthé, la basse ou la rythmique. La deuxième sortie voit l’arrivée officielle de Benga avec « Skank » et « Dose », deux morceaux dont la rythmique frôle entre grime et garage mais dont la froideur est sans pareille. Quand on sait qu’il n’avait que 16 ans au moment de la sortie du vinyle, on comprend mieux la carrière qui l’a suivi juste après. La troisième viendra greffer Skream aux productions de Benga et c’est peut-être ici l’un des disques les plus importants du genre. « The Judgement » fut une claque monumentale pour beaucoup de monde. En effet tout est maitrisé de bout en bout : le sample d’O’Brother avec ses fameux chants de la scène du Ku Klux Klan, le roulement du beat précis qui rebondit à merveille avec les différents effets associés à la basse qui sonne entre dub et grime de l’époque. Ce mélange judicieux a posé les bases du genre, rejoignant celles établies par Benny Ill. D’ailleurs Skream passaient beaucoup de temps avec Benny durant son adolescence, temps durant lequel il a pu apprendre énormément en production : souvenez-vous Benny est ingénieur du son, de base. Suite à leur rencontre avec Benga, les rumeurs disent qu’ils passaient des heures à se faire écouter leur morceaux au téléphone tous les soirs en se donnant des conseils.

En 2004 le label sort un ep entier dédié à Digital Mystikz. Il est intéressant de noter ici que Mala et Coki produisaient déjà avant de rencontrer la team de Big Apple. Il me semble que Mala avait rencontré Hatcha suite à une rave et lui avait fait écouter leurs démos. Les 4 morceaux de l’ep sont ceux que Mala avait fait écouter à Hatcha dans sa bagnole suite à leur rencontre. Cet ep de 2004 est à ce jour un des plus violents de DMZ pour ma part, je trouve certains subs vraiment tranchants dans celui-ci que je ne retrouve plus ailleurs dans les sonorités DMZ. Les bases du son DMZ sont déjà là et on retrouve ce qui m’a toujours fasciné chez eux : l’usage de samples ou de textures vraiment travaillée et exploitées. Même si c’est deux notes, un bruit bizarre ou une trompette cassé ils arrivent toujours à le mettre en avant dans le son et en combinant parfaitement le reste de la rythmique pour le rendre hypnotique. Toujours en 2004 c’est un autre ep de notre duo phare « Skream/Benga » qui sort et continue de nous proposer leurs expérimentations garage-grimey-duby mutants. Je fais court sur cet ep car la même année est sorti le monstrueux « Jungle Infiltrator » d’un certain Loefah, qui faisait déjà parti de DMZ. On retrouve ici la formule magique qui fera de DMZ et de Loefah des légendes du genre. Cette formule à mon sens c’est le minimalisme, surtout pour Loefah qui fut le meilleur la dedans. « Jungle Infiltrator » est incroyable dans sa tension, mais j’ai toujours préféré « Life Dub » qui n’a quasiment aucune mélodie et ne joue que sur un rapport entre subs foudroyants et samples mystérieux. En 2006 c’est sans son collègue de toujours que Skream balance « Acid People ». Le morceau titre de l’ep est une boucle Dark Garage comme on en fait plus de nos jours. Et spoiler : « Who R Those Guys » est peut-être l’un des meilleurs morceaux de l’histoire. L’aventure Big Apple se terminera sur un ep de Coki dont les mots me manquent tant il est fabuleux. Pour la faire court, le brostep vient de là, ta chiasse de riddim aussi, et ton edm de merde également. Sans Coki vous ne seriez rien, et vous n’êtes rien.

Le catalogue s’arrêtera là en 2006 pour des raisons inconnues même si nous pouvons supposer sans trop se mouiller qu’il y’ a un lien avec l’arrêt du magasin, et le fait que toutes les structures propices au développement du genre étaient toutes déjà en place : comme Tempa ou DMZ Records par exemple. De nos jours beaucoup de ces légendes ont tournées le dos au genre : Skream ou Artwork qui sont dans la house maintenant. Hatcha qui n’en finit plus avec ses sonorités brostep et son label avec une direction artistique plus qu’étrange. Les rumeurs disent que Loefah demande un cachet supplémentaire si tu veux le voir jouer Dubstep maintenant. Ah ouais y’a eu Magnetic Man aussi … mais ça on va pas en parler. Mieux ne vaut jamais en parler. Mala persiste et signe, continuant dans sa vision « Soundsystem » de l’aventure avec Deep Medi, même si la qualité du catalogue commence à faiblir malgré la récente signature d’Egoless. Mais tout n’est pas perdu. À l’occasion de sa résidence au XOYO un club Londonien, Artwork vient d’annoncer récemment en Mars une soirée spéciale « Big Apple Réunion » avec des invités mystères et placée sous le signe du Dubstep. Y’a t’il des chances de revoir Skream balancer un énorme « Lemon » ? On croise les doigts les gars…

2018-azalea-retro-benga-skream
Le duo infernal : Skream / Benga
Tracklist Rétrospective
BAM001 – Artwork – Rank
BAM002 – Benga – Dose
BAM003 – Skream & Benga – The Judgement
BAM004 – Digital Mystikz – Pathways
BAM005 – Benga – Walkin Bass
BAM006 – Loefah – Jungle Infiltrator
BAM007 – Skream – Who R Those Guys
BAM008 – Benga – Middle Man
BAM009 – Coki – The Sign
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DS01 EL MAHDY JR

Le Burial Algérien ?

C’est comme ça que plusieurs médias comme Resident Advisor ou The Guardian le décrivent. Nous ne sommes pas là pour les contredire mais nous préférons généralement éviter les comparaisons entre ces artistes qui offrent une musique tant personnelle, sortant des codes théoriques de la musique électronique et plaçant au premier plan une valeur sentimentale.

El Mahdy Jr Discogs

El-Mahdi Rezoug aka. El Mahdy Jr. est un algérien ayant quitté son pays à un âge précoce pour la Turquie, jonglant entre les deux pays avant de rejoindre l’université en Turquie. Il compose une musique épongée de sonorités d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient mélangées aux techniques de production électroniques Occidentales ; notamment l’Angleterre avec le Dubstep, Dub, Trip-Hop et Grime donnant un résultat expérimental jouant entre les différentes structures de beats où vient parfaitement se greffer une atmosphère à la fois sombre et transcendante. Au fil des années la froideur brute des boites à rythmes laisse plus de place à cette teinte atmosphérique qui caractérise tant le son de El Mahdy. Lui-même ne se définit pas comme musicien mais plutôt comme un “collagiste sonore”.

AZ-El-Madhy-article

De notre côté, nous avons découvert El Mahdy Jr. en février 2013 sur la compilation Davulun Sesi Vol.2 de Tektosag Records où nous découvrons également un Gantz qui, depuis, a fait pas mal de chemin, pour se voir devenir un artiste marquant du mouvement dubstep. Mais revenons à El Mahdy qui, sur cette compile, nous offre Mehtaab, une musique déjà caractérisée par la teinte orientale et soporifique des ambiances, avec un découpage net des différents éléments rythmiques de la musique électronique occidentale.

2013 fut aussi l’année de la sortie de son premier album majeur « The Spirit of Fucked Up Places » sur Boomarm Nation. El Mahdy Jr. a toujours vécu au côté d’importantes turbulences politiques dans des villes où les places publiques donnent lieu à de grandes manifestations, dans des pays coincés entre modernités et traditions. The Spirit of Fucked Up Places est la traduction de ce contexte politique et culturel que traverse cette région du monde. À travers 7 titres El Mahdy puise ses sources tant dans la musique Arabesk – musique populaire turque écoutée par la classe ouvrière dans les années 70 – que dans le Raï – musique populaire algérienne dont les débuts remontent aux années 1920 avec des paroles faisant état de questions politico-sociales et qui fut une force de manifestations antigouvernementale dans les années 80.Ses sources, El Mahdy les transforme avec une intéressante maîtrise d’échantillonnages, balayée par des effets caractéristiques du dub, pour donner un résultat fantomatique à cette atmosphère tendue. À cette couche vient s’appuyer des beats aux inspirations dub, dubstep ou grime également travaillés d’effets et de synth plus froids des années 80. El Mahdy Jr. travaille avec le matériel à sa disposition ; adepte du DIY il obtient une combinaison qui se mélange parfaitement afin de donner une vision plus contemporaine de son environnement. Pour cet album, l’artiste a tourné un clip porté par le son Gravity où les prises vidéos ont été tournées par El-Mahdy lui-même entre l’ Algérie et la Turquie pendant son quotidien.

14 janvier 2014, deuxième sortie sur Boomarm Nation avec « Raï Dubs », en collaboration avec Gulls, XJ et Alter Echo, ces pistes sont un concentré de musique Raï algérienne déconstruite et reconstruite à partir d’enregistrements de cassettes et de rip Youtube. Pour la petite histoire, le sample utilisé dans R4 DUB provient d’une cassette trouvée par XJ dans une voiture de location. La piste sur la cassette se trouve être un classique mais aussi ‘’really nasty » C’est la chose qu’ils cherchaient.

Dans les années 80 une tentative d’éradication du Raï (signifiant « opinion ») passe par l’interdiction de l’importation de cassettes vierges et la confiscation des passeports des musiciens de Raï. L’ ensemble de ces éléments nous plonge un peu plus dans l’environnement complexe de l’artiste.
Lors de la phase de création chaque élément sonore a son importance et sa force de parole. Comme il le dit lui-même : « Je prends des références pour dire quelque chose […] Les sons sont comme les mots, choisissez les bons mots pour dire ce que vous pensez ». El Mahdy Jr s’exprime plus précisément sur ce sujet dans un entretien avec : The Quietus.
Disco Maghreb apparait pour la première fois en 2013 sur la mixape Monkeytek ‎– Ahumourous Atlas Of The World.

En parallèle, à un jour d’intervalle, apparaît Rising en collaboration avec de Gantz qui sort son premier 12″ dans la maison Deep Medi. L’atmosphère de El Mahdy Jr. est là, mariée au beat dubstep lourd, efficace et si particulier de Gantz avec un mastering taillé pour les soundsystems. Sur la seconde partie, un sample de Raï vient s’ajouter et renforcer l’immersion. Il fait également une apparition sur la compile Still Life__ du label français So What? Di Khrap! avec le son Limited Materiel. Sur ce titre il construit une atmosphère autour d’un hymne de la région turque Anatolie, chanson appelée Zahidem enregistrée dans les mariages (free download) :

En juin 2014 vient une autres sortie remarquée, Gasba Grime sur le label suisse Danse Noire.
EP influencé et marqué comme son nom l’ indique par le Grime, toujours mêlé au Raï survolé par une atmosphère pesante. Mais le son qui retiendra le plus l’attention du public est bien Lost Bridge : un son à la structure Dub / Dubstep mené en deux parties. Killing Sound, le trio de Bristol appartenant au collectif Young Echo dont nous parlerons dans un prochain article, réalise un remix minimaliste, évolutif et en même temps inquiétant voir transcendant, propre aux sonorités du trio El Kid, Jabu et Vessel.

Juillet 2014, E3, patron de ZamZam Records basé à Portland, tout comme Boomarm Nation, nous offre un 7’’ de El Madhy Jr. – Last Breath / Last Deal. Deux versions à la construction dub puissante nourrie d’effets, nous plongeant à nouveau dans l’espace de El Mahdy avec une finalité dub propre à ZamZam.
Last Deal met de côté l’atmosphère orientale caractéristique de El Mahdy pour laisser place à un dub digital bousculé par des reverb et delay recréant une sorte de chaos organisé.

Nous arrivons à l’année 2015 avec Ghost Tape sur le label londonien Discrepant. Cet LP, important à nos yeux dans la carrière de l’artiste, est le résultat de plusieurs années de pratique et d’efforts en tant que « collagiste sonore ». Comme à son habitude, l’artiste a utilisé des cassettes audio récupérées mais aussi différents échantillons de radios et d’enregistrements fait sur le terrain ; comme il explique à l’arrière du LP:

« Ghost Tapes is a composition of everyday fragments based on found tapes, field recordings, beats and radio frequencies.A ruff attempt of interpreting the cultural ghost that surrounds the field and makes the difference between place and space. »

Le résultat montre la différence évoquée en début d’article, la «disparition de la froideur brute des boites à rythmes». El Mahdy compose avec des sonorités de batterie plus humaines et plus travaillées, salies, ce qui renforce le lien avec ses nappes créées à partir d’échantillonnages. Une composition parfaite qui se traduit par deux titres de 12 et 16 minutes, laissant le temps à El Mahdy-Jr. de s’exprimer pleinement, sans être contraint par la durée moyenne d’un titre.
Une réécoute de Mehtaab de 2013 confirmera cette belle évolution qui renforce sa démarche à travers ses compositions.

En cette fin d’année 2015, octobre, El Mahdy revient sur Boomarm Nation avec un remix du titre To The End de E3 qui figure sur la face A.
« To the end » débute sur un rythme de marimba déformé puis une phrase, engagé et réaliste – « People sell them souls for a slice of bread… » – soutenue par un beat obscur avançant avec assurance, accompagné par une foule de hi-hats tranchants. Le tout accompagné des marimbas et d’un sub formant un duo méditatif. El Mahdy Jr. vient noircir le tableau avec des mid qui grognent littéralement et un rythme intense qui soulève toute la crasse du titre.

El Mahdy Jr. a su en quelques années nous plonger dans son univers si personnel en mélangeant tradition et modernité dans une technique de production contemporaine. Un vrai artiste à suivre sérieusement.